Yves Mahuzier : le voyage dans le sang

Rêve

Les Mahuzier ont fait rêver des générations. Yves Mahuzier vient à Toulouse présenter un film sur le Japon pour Connaissance du monde.

Pour tous ceux qui ont été enfants dans les années 50-60 le nom de Mahuzier fait encore rêver… Régulièrement, on les voyait au cinéma, aux actualités, avant le grand film, voyageant aux quatre coins du monde, le père, la mère et les neuf enfants, cette «tribu» extraordinaire qui n’allait pas à l’école et apprenait la géographie grandeur nature.

Avec ses amis le commandant Cousteau, Paul-Emile Victor et Frison-Roche, Albert Mahuzier fut un des fondateurs de Connaissance du monde, un circuit de films-conférences dans lequel plusieurs de ses fils ont trouvé ensuite leur place. Aujourd’hui, deux seulement d’entre eux portent encore le flambeau Mahuzier : Alain, le plus jeune qui revient du Chili et Yves Mahuzier qui vient présenter à Toulouse, un «Japon» inattendu, un film tourné avec sa femme Danièle. Elle a passé les sept premières années de sa vie dans la Montagne Noire, a voyagé elle aussi dès son enfance avec son père, médecin d’Outremer.

L’Afrique en famille

Yves, sixième des neuf enfants («l’aîné des petits» précise-t-il), avait 12-ans lorsqu’en 1952 les Mahuzier prennent le large, en famille. «Notre premier voyage, se souvient Yves Mahuzier, c’était en Afrique, dans l’ex-Congo Belge. Dans l’idée de mon père, nous étions une famille qui allait voir d’autres familles… Pendant un an nous avons traversé l’Afrique en voiture. Mon frère François et moi étions chargé de la cantine de livres scolaires : on s’arrangeait toujours pour la mettre au fond du coffre ; du coup, nous n’avons pas beaucoup fait de versions latines. Mais c’était une chance extraordinaire de découvrir le monde et les autres, de vivre avec eux. On s’aperçoit très vite que même si les latitudes et les environnements diffèrent, les gens ont partout des point communs, et la famille en particulier ; les problèmes sont à peu près partout les mêmes. Cela nous a permis d’acquérir une certaine philosophie de la vie, de rencontrer des gens de toutes les conditions, d’avoir des amis partout et dans tous les milieux.

A cette époque les gens ne voyageaient pas beaucoup, et Connaissance du monde, c’était surtout l’exploit et l’aventure.

Les choses ont naturellement changé. Aujourd’hui, l’aventure cède le pas au côté humain. Les gens voyagent, il y a la télé, Planète… Notre rôle c’est d’aller plus en profondeur, de montrer ce qu’on n’a pas le temps de voir en quelques jours. Nous avons passé cinq ans au Japon, c’est notre 4e-film, on a des amis là-bas, on vit avec les gens. Dans l’idée des gens, le Japon, c’est une grande puissance économique et c’est tout.

Hors 80 % du pays, c’est la nature, ingrate souvent, mais superbe, qu’on ne connaît pas, et qu’on a envie de faire découvrir. » Dès que leur tournée de Connaissance du monde sera terminée, Danièle et Yves Mahuzier retourneront au Japon, «montrer le film aux amis japonais», avant de se remettre au travail. Et de parler encore du Japon avec un autre film, réalisé à partir de l’histoire vraie d’une jeune fille issue d’un couple mixte, nippofrançais et qui découvre le Japon pour la première fois.