65 ans d’Aventure autour du monde avec les films de la Famille Mahuzier (2016)

« MYANMAR-BIRMANIE d’Ombre et d’Or »

(film d’Alain Mahuzier : 2016)

« Mingalaba » bienvenue au « pays des mille pagodes d’or »! Bienvenue dans « l’Union du Myanmar », dont la «Birmanie » est l’État le plus important ! Une mission archéologique m’a permit d’y découvrir, il y a 23 ans, une culture méconnue, d’entre Inde, Chine et Indochine. J’ai été séduit, tant par la richesse artistique du pays, que par la gentillesse si spontanée de sa population d’origine tibétaine. Depuis, je retourne chaque année au Myanmar, avec des voyageurs qui, comme moi, tombent amoureux « d’un pays comme vous n’en avez jamais vu ! » ainsi s’émerveillait déjà Kipling, l’auteur du « Livre de la Jungle ».

Mais le Myanmar à du mal à sortir de sa terrible dictature. Certaines régions frontalières sont encore inaccessibles du fait de conflits ethniques non résolus. Il m’a fallu de solides amitiés locales, pour réaliser, souvent à la sauvette, les images qui vont suivre. Certaines, tournées dans des mines ou chez les femmes girafes, dans des zones strictement interdites depuis, ont valeur d’archives. D’autres, comme celles de la nouvelle capitale Naypyidaw, sont encore très rares.

La population de près de 60 millions d’habitants est très pauvre et vit essentiellement de l’agriculture. L’industrie est balbutiante, les équipements sous développés. Les militaires se sont pourtant partagé les nombreuses richesses naturelles d’un pays grand comme la France, le Benelux et la Suisse réunis : terres fertiles, pierres précieuses (jade, rubis…), minerais (or, cuivre…), pétrole, gaz naturel, produits de la mer… Ne sont mis en valeur que riz, teck, et opium, dont le Myanmar est le second producteur mondial !

Allié des Français, le royaume du Myanmar est conquis en 1885 par les Anglais, et intégré dans leur « Empire des Indes » sous le nom de « Burma ». Cette « Birmanie » ne retrouve son indépendance qu’en 1948. Depuis 1962, des régimes militaires ont coupé ce pays de la communauté internationale. En 1989, la junte remplace les noms coloniaux britanniques par les anciens noms birman : ainsi «Rangoon», l’ancienne capitale, redevient «Yangon» et la Birmanie le « Myanma » nom du 11è siècle qui signifie « pays de tous les hommes ».

En 1990, les élections gagnées par la « Ligue Nationale pour la Démocratie » d’Aung San Suu Kyi, future « prix Nobel de la Paix », sont annulées par la dictature militaire qui garde le pouvoir, transfert en 2005 la capitale de Yangon a la lointaine Naypyidaw, par peur d’une invasion américaine ou chinoise, réprime en 2007 les manifestations des moines et gère très mal le dernier typhon qui fit 200.000 morts.
Mais en 2011, par peur d’une main mise économique totale par la Chine, les généraux font évoluer le régime : libération d’Aung San Suu Kyi et des prisonniers politiques, élections civiles ouvertes, retour aux libertés démocratiques d’apparence comme gage d’ouverture à l’Occident. On commence à mieux vivre depuis la victoire des Démocrates aux élections en mars 2016, mais le tourisme et le matérialisme occidental se développent trop vite ! Aller là-bas ne cautionne plus de dictature, mais délivre un message d’espoir et d’amitié à un peuple accueillant et généreux, qui vit encore au rythme des chars a bœufs, mais voudrait sortir le plus vite possible de son isolement.

Bon voyage au Myanmar : ce pays d’or et de lumière ne doit pas rester dans l’ombre !