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Marc Mahuzier

MARC MAHUZIER

L'intégration de Diwan suspendue

Mercredi 31 octobre 2001. A la demande de plusieurs mouvements éducatifs laïques, le Conseil d'État a suspendu, hier, l'accord intégrant les écoles bretonnes Diwan au service public. Une décision sur le fond sera rendue ultérieurement.


Un «accord historique». C'est ainsi qu'avait été saluée la décision, prise le 29 avril par le mouvement Diwan, d'accepter la main tendue par le ministre de l'Éducation nationale. Un mois plus tard, jour pour jour, Jack Lang était à Rennes où il signait un protocole d'accord donnant un statut public aux écoles Diwan. Une page semblait tournée. Elle paraissait loin, alors, l'époque des pionniers, quand cinq familles de Lampaul-Ploudalmézeau (Finistère), en 1977, créaient la première école pour que leurs enfants apprennent à parler le breton. Dépassée, aussi, l'année 1994, quand les établissements se plaçaient sous contrat d'association.

Avec le texte signé au printemps dernier, place à une ère nouvelle. Sans renoncer à leur méthode pédagogique (l'«immersion totale» en langue bretonne), les 29 écoles Diwan (environ 2 300 élèves scolarisés) allaient progressivement s'aligner sur le statut classique des écoles, collèges et lycées, notamment pour ce qui concerne les moyens mis à leur disposition et la formation des maîtres.

Processus contesté

Mais, depuis hier, l'équilibre de ce bel édifice semble compromis. Le Conseil d'État a, en effet, donné raison à une demande formée par plusieurs mouvements éducatifs contestant le processus d'intégration. Ce recours avait été déposé par le Comité national d'action laïque (Cnal), qui regroupe l'Unsa-éducation (ex-Fen), la fédération des parents FCPE, la Ligue de l'enseignement, le syndicat des enseignants (SE-Unsa) et la fédération des délégués départementaux de l'Éducation nationale (DDEN).

Selon les demandeurs, l'accord avec Diwan a été signé pour des raisons «électoralistes». Il «porte atteinte au principe d'égalité et d'unité de la République». Les élèves des écoles Diwan ne parlent que le breton en classe et dans la cour de récréation. Le français est introduit au fur et à mesure de la progression scolaire. Selon l'avocat du Cnal, il est «considéré comme une langue étrangère», ce qui n'est pas acceptable.

Le Conseil d'État, saisi en référé, n'a pas tranché sur le fond. Il a simplement suspendu l'exécution du décret, de l'arrêté et de la circulaire qui devaient permettre l'application du protocole d'accord. Un examen ultérieur des différentes requêtes aura lieu avant que la juridiction suprême donne raison ou tort aux mouvements éducatifs laïques .

«Dans l'immédiat, je souhaite que cette décision ne change rien, que les collectivités continuent de voter sur le principe de la prise en compte de Diwan comme école publique, a indiqué, hier soir, le président de Diwan. Il est important que les élus de Bretagne disent clairement à l'État qu'on ne peut accepter de remise en cause.» Andrew Lincoln s'est aussi déclaré «surpris» que le Conseil d'État «ait trouvé nécessaire de juger cela en urgence alors que le basculement n'aurait eu lieu qu'à la rentrée 2002. Sur le fond, sa décision illustre la fragilité sur le plan constitutionnel et juridique des langues régionales».

Marc MAHUZIER. 

http://www.france-ouest.com/langues-regionales/311001.htm

 

La Nasa tire le bilan de ses échecs

La Nasa a tiré le bilan des échecs rencontrés par ses trois dernières missions sur Mars. D'incroyables bévues ont été commises. Mais un rapport officiel met aussi en cause le manque de moyens financiers rencontré par l'agence spatiale américaine. (Ouest-France du 30 mars 2000) 
Et un, et deux, et trois... Un mauvais sort semblait s'être acharné sur la Nasa, l'an dernier. L'une après l'autre, les missions sur Mars se sont transformées en fiascos retentissants.

La série noire débute en septembre avec la mission Mars Climate Orbiter. Au moment de se mettre en orbite après un vol sans histoires de 757 millions de kilomètres, la sonde se désintègre. Trois mois plus tard, c'est au tour de la mission Mars Polar Lander de tourner en eau de boudin. On est en décembre. Le monde a encore en mémoire les exploits accomplis deux ans plus tôt par l'incroyable petit robot Sojourner. Cette fois encore, l'épisode risque d'être passionnant.

Comme prévu, l'engin arrive dans la banlieue martienne. Il doit se poser en parachute après avoir lancé, comme des javelots, les deux sondes Deep space. Patatras! Quelques secondes avant l'atterrissage, les contrôleurs sur Terre perdent le contact. On veut croire à une panne d'émetteur. Mais le silence radio dure et ne sera jamais rompu. Quant aux Deep space qui devaient se ficher dans le sol, gratter un peu de poussière, la faire chauffer pour détecter une éventuelle présence d'eau, leur trace a été perdue sitôt leur éjection du module. Se sont-elles écrasées ? Mystère.

Des centimètres et des pouces

Un épais rapport de 154 pages, publié mardi, fait la lumière sur cette série d'échecs. La commission qui l'a rédigé revient en détail sur les raisons de chacun des trois ratages. Surtout, elle dénonce d'étonnantes erreurs dans la préparation des programmes.

Mars Climate Orbiter a vraisemblablement explosé en entrant dans l'atmosphère. A priori à cause d'une grossière erreur commise par les deux équipes en charge du vol. Selon la commission d'enquête, le Jet Propulsion Laboratory et la société Loockheed Martin ont utilisé des systèmes de mesure différents. L'un calculait en mètres et centimètres, l'autre en pouces et en pieds. A peine croyable !

Les douze petits moteurs de Mars Polar Lander se sont arrêtés pendant la descente «en recevant un faux signal produit par le déploiement des pieds de l'atterrisseur», explique aussi le rapport. Le module se trouvait alors à une quarantaine de mètres d'altitude et il aurait heurté le sol à la vitesse de 22 mètres/seconde (80 km/h). Largement suffisant pour le mettre hors service. Pourquoi ce problème n'a-t-il pas été détecté au sol? «Parce que, lors des tests des systèmes de l'atterrisseur, les senseurs ont été mal branchés». Et que «les essais n'ont pas été répétés une fois que les fils ont été bien branchés».

«Budget insuffisant»

La même carence est relevée concernant les sondes Deep space. «Elles n'ont pas été testées de manière adéquate et n'étaient pas prêtes à être lancées.» Et alors, le professionnalisme américain? Les ingénieurs de la Nasa auraient-ils perdu la main? L'explication est ailleurs. «Le problème majeur des missions Mars a été un budget insuffisant pour accomplir ce qui était demandé», analyse le rapport officiel. Selon Thomas Young, président de la commission d'enquête, ce budget était trop faible de 30%. D'où «une analyse inadéquate, des tests inadéquats, un personnel inadéquat...»

L'année prochaine, au printemps, une sonde orbitale doit être lancée vers Mars. La Nasa maintient le programme. En revanche, elle a purement et simplement annulé la mission d'atterrissage «2001» prévue la même année.

Marc MAHUZIER.

http://www.france-ouest.com/science/52.htm

Copyright, © 1997-2007Grégoire Mahuzier, Paris, France
Dernière mise à jour le 25juin 2007
 

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