Bronzage Un soleil pour vivre

Comfish


Bronzage Un soleil pour vivre
par François MAHUZIER
Dermatologue


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J'ai vécu cette année l'expérience d'un citadin moyen, pris par son métier et ses occupations familiales ordinaires.

Eté 1989. Etouffant à Paris début août. Dans le midi de la France la sécheresse rappelle l'été 1976. Déjà 35 000 hectares de brûlés. Nous partons en vacances avec quelques vêtements empilés à la hâte dans des valises bosselées par les voyages précédents. Priorité aux chemisettes légères, shorts et raquettes de tennis, boules de pétanques, club de golfs. Quelques cartes du lieu de destination, le Var.

La veille du départ, coup de téléphone d'une cousine. Elle nous retient une partie de pêche au gros pour le lendemain de notre arrivée ! Des amis. La pêche, je connais. La pêche au gros aussi. La pêche au gros en mer Méditerranée, ça je ne connais pas. J'accepte, sachant bien que mon épouse, à bord de toute embarcation, est systématiquement malade dans le quart d'heure qui suit le départ, et que nous serons deans un triste état le lendemain matin d'une chevauchée de 900 kilomètres. Et en Méditerranée, il est bien connu qu'il n'y a plus un poisson comestible à des milles au large de la Côte d'Azur ! des sardines ou des maquereaux, mais pas plus.

Lever 4 heures du matin, départ 6 heures. Sortie de Paris sans histoire. Ciel pur sans nuages, un monde raisonnable sur la route, nous n'étions pas tout seuls, à mon grand étonnement. Neuf heures pour faire crisser les pneus de notre voiture sur les graviers de la villa de mes beaux-parents. Le temps de s'installer, un dîner léger, et au lit.

Réveil à 3h 30. Ce n'est pas dans mes habitudes. Ce serait plutôt l'heure à laquelle je finis mes écritures tout le long de l'année, exeption faites des départs qui par principe se passent tôt le matin, pour bien se différencier des jours ordinaires. Un petit café sans bruit. Nuit Noire; Il Fait frisquet. J'ai revêtu mon blouson américain argenté, légère protection coupe-vent.

Nous roulons doucement sur les routes sinueuses de l'arrière-pays varois. Elles rejoignent les ports et les plages courues de la côte. A 5 heures pile, nous nous garons devant le "Comfishman", ancré au port d'Hyères, sans très bien connaître la suite des événements.

Nous irons d'étonnement en surprise.

Deux moteurs Diesel de 250 chevaux silencieux, 6 couchettes, un vaste pont arrière, des superstructures dignes d'un cuiarassé cachent un équipement ultra-sophistiqué, tant de navigation que de pêche : 14 cannes de gros calibres, dont 12 seront mises en place dès la sortie du port : voilà le comfichman des frères Leroux.

Une mer d'huile, le jour se lève progressivement et remplace une nuit claire. Il est toujours doux pour le coeur de voir le soleil sortir tranquillement de la mer avec ses couleurs orangées qui coupent le fil d'un horizon sans nuages. Un symbole de calme et de grandeur éternelle. une douce chaleur nous réchauffe progressivement. les passagers et nos deux frères marins, secondés par un barreur se retrouvent bien vite en tenue de combat, c'est à dire en costumede bain. Il faut une petite heure de navigation pour gagner les lieux propices à la pêche.

Chacun essaie de se rendreutile à bord pour participer activement à cette expédition, sans trop savoir que faire. Après la mise en place du materiel de pêche, scruter les zones blanches à fleur de l'eau à la recherche de zones de "chasse" devient la principale acrtivité à bord. Les chasses représentent des bancs de sardines ou de harengs que les "gros" avalent goulûment. En passant aux alentours ces voraces risquent de confondres les leurres avec leur proie habituelle. Je commence à comprendre, aux dimensions des leurres, qu'effectivement il n'est plus question de sardinettes, mais que pour avaler ces leurres multicolores et de taille impressionnante, il doit bien s'agir de pêche aux gros poissons.

Je suis blanc comme un comprimé de Psoraderm-5. A peine un petit hâle sur les avant-bras et la face dû au voyage aller et aux quelques sorties du mois de juillet. Deux heures après le départ (vitesse : 12 noeuds), et quelques Comfich! répétés inlassablement, à la mode Kenyenne, et alors que je commence à resssentir des picotemments au cou et sur le thorax, le bruit caractéristique du défilement de la ligne provoque un état d'alerte rouge dans l'équipage : le skipper passe le vitesse lente, la barre à son second, et dégringole l'échelle de coupée à toute allure pour rejoindre son chef des prises, en l'occurence son frère, qui harnache en grande hâte un invité, tandis qu'il laisse filer la ligne et règle rapidement le moulinet.