Docteur François Mahuzier

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Le but : aider le médecin à faire le diagnostic le plus précis
pour avoir le meilleur traitement possible et guérir le plus vite possible.


Le diagnostic par l’analyse des lésions élémentaires

 

1 - J’apprends à m’examiner, j’apprends à m’observer, je regarde, je touche, pour aider le médecin :
j’analyse mes symptômes. Je me souviens de ce qui s’est passé avant, pendant et après la survenue de mes symptômes : c’est le contexte de la maladie.

J’observe ma peau :

Quand je passe le doigt sur les lésions de ma peau, c’est plat, je ne perçois aucun relief.
Quand je passe le doigt sur les lésions de ma peau, je perçois un relief.

 

Quand je passe le doigt sur les lésions de ma peau, c’est plat, je ne perçois aucun relief.

J’ai un érythème, ma peau est devenue par endroit rouge, sans relief.
J’ai une achromie, ma peau est devenue blanche en certains endroits.
J’ai une hyperchromie, ma peau est devenue plus foncée à certains endroits.

 

Quand je passe le doigt sur les lésions de ma peau, je perçois un relief.

C’est un relief de peau, une squame et c’est rouge en dessous : j’ai une maladie érythémato-squameuse.
C’est bombé et plus ou moins dur, c’est une papule.
C’est bombé et dur, c’est un nodule, une tumeur.
Il y a de l’eau ou du pus dedans, ce sont des vésicules (grosses vésicules = bulles)ou des pustules (pus).

Maladies rares, souvent graves et toujours complexes.


2 - Les rougeurs ($ .= Faire, ne pas faire)

Erythème [rougeur simple], (exemple: coup de soleil, toxidermie...).

L’érythème est une rougeur superficielle de la peau qui disparaît quand on appuie dessus.
Il est dû à une augmentation de volume des vaisseaux dermiques superficiels.
Il peut être
généralisé atteignant tout le corps ou localisé à une partie de la peau.
Les autres lésions rouges de la peau comme l’érythrose, la couperose, la rosacée, les angiomes et les varicosités sont des lésions vasculaires (petits vaisseaux de la peau).

 

L’érythème généralisé correspond le plus souvent à une maladie infantile: scarlatine, rougeole, rubéole, mégalérythème épidémique) et parfois après ingestion d’un médicament à une toxidermie (érythrodermie).

 

Localisé il correspond au premier stade d’une allergie solaire , allergie chimiques ou allergie par agent externe (eczémas)qui devient ensuite papuleuse (relief) et prurigineuse (gratte). A en rapprocher l’érythrocyanose où se mêle une couleur bleuâtre vasculaire (malléoles) ou localisé aux extrémités (engelure par le froid, acrocyanose).

 

Erythrodermie : érythème généralisé à toute la peau, correspond à un stade grave de nombreuses maladies, elle associe dans des proportions variables prurit, frissons et frilosité, fièvre, adénopathies, amaigrissement rapide, surinfection cutanée ou générale, déshydratation, complications cardio-vasculaires et de décubitus chez les sujets âgés.

Un bilan étiologique recherche une dermatose antérieure connue( eczéma, psoriasis, lichen plan), la prise de médicaments (toxidermie), l’aspect cutané typique en bordure de peau saine si possible.

$ Le traitement est entièrement médical et le plus souvent hospitalier en cas de signes généraux intenses.

Véritable urgence , le traitement doit être entrepris le plus rapidement possible pour éviter les complications.

 

Qu’est ce qu’une toxidermie ?

Ce sont les manifestations cutanées déclenchées par les médicaments pris par voie générale (orale, injections, perfusions etc.). Les aspects cliniques sont très variés : prurit, exanthèmes, érythrodermies, urticaire, chocs, troubles pigmentaires, bulles, pustules, photosensibilité, vascularites, réactions à type d’eczéma, de psoriasis de dermatomyosite, de sclérodermie, de nécrose, d’altérations des ongles des muqueuses, des ongles, des cheveux, d’acrosyndromes etc.

 

Quels sont les arguments en faveur d’une toxidermie ?

Délai de survenue de l’éruption après la prise du médicament : 5 à 21 jours.
Régression de l’éruption après arrêt du médicament compte tenu de l’élimination du produit.
Récidive après réintroduction du médicament (dangereux).
Description dans les livres de cette réaction à un médicament donné.
Examen complémentaire en faveur d’une réaction allergique ou toxique : biopsie, tests cutanés, dosages IgE spécifiques (si possible).

$ Déterminer une éventuelle phototoxicité et photoallergie (photopatch tests), si la lumière peut être mise en cause.

$ Distinguer la réaction due au principe actif et celle due aux excipients des produits topiques (test épicutanés).

 

Est-il possible d’éviter une toxidermie ?

Il n’est pas facile d’éviter une toxidermie, mais il est possible d’essayer d’éviter une rechute de toxidermie en éliminant systématiquement la prise ou l’application d’un produit actif ou d’un excipient qui aurait pu donner une éruption cutanée. L’arrêt du médicament suspect est impératif. Une carte portée toujours sur soi doit indiquer le médicament avec la mention : allergique écrit en gros caractère. Il faut signaler cette allergie à tout prescripteur, pour éviter de prendre des produits analogues, surtout en cas d’urgence. Certains protocoles de désensibilisation sont employés, mais peuvent être dangereux


3 - Les blancheurs ($ .= Faire, ne pas faire)

Qu’est ce qu’une achromie ( lésion blanche, plane),

La décoloration de la peau correspond à un défaut de synthèse du pigment protecteur de la peau ( la mélanine) par les mélanocytes (les cellules). Le diagnostic est évident sur les types de peau solaire (3 à 6) qui fabriquent naturellement cette mélanine, elle est naturelle chez ceux qui n’en fabriquent pas (type de peau 1: les roux ) ou très peu (type de peau 2).

Quelles sont les causes les plus fréquentes d’achromie ?

3 causes principales des lésions blanches: le vitiligo, le pityriasis versicolor, les cicatrices.

le vitiligo : les plaques apparaissent progressivement et sont généralement symétriques, devenant progressivement d’un blanc franc, les bords sont émiettés ou arrondis, un liseré brun foncé peut entourer les plaques blanches. Aucune autre symptomatologie. Le piebaldisme est familial (mèche blanche).

Après des expositions solaires excessives apparaissent des plaques blanches multiples généralement non jointives d’un demi centimètre de diamètre : hypomélanose idiopathique en goutte.

le pityriasis versicolor: plaques blanches arrondies, finement desquamatives à la curette, thorax en premier, après des expositions solaires ou ultraviolettes.

les cicatrices: sont toujours précédées d’une maladie (eczéma, psoriasis etc.), d’un traumatisme (accidentel, chirurgical) ou d’un traitement (corticoïdes, radiothérapie).

 

Certaines maladies achromiantes sont plus rares ?

Certaines maladies génétiques graves apparaissant dans l’enfance peuvent comporter des lésions blanches qui ne sont qu’un élément d’un diagnostic complexe: albinisme, épiloïa, xéroderma pigmentosum, incontinentia pigmenti etc. ces diagnostics sont du ressort du spécialiste.

Des achromies peuvent apparaître dans certaines maladies infectieuses ou parasitaires tropicales: lèpre (les plaques deviennent progressivement insensibles), Kala Azar, onchocercose, ou au cours de maladies endocriniennes ou systémiques (diabète, thyroïde, sarcoïdose). Les parakératoses achromiantes ou eczématides forment un groupe imprécis : elles seraient une réaction d’hypersensibilisation microbienne.

 

Des taches blanches apparaissent sur ma peau, comment faire pour qu’elles disparaissent ?

Il faut en premier lieu un diagnostic, car toutes les lésions blanches de la peau n’ont pas une origine identique. $ Sans diagnostic précis, pas de traitement efficace.

 

Des taches blanches surviennent après un traitement d’eczéma par des dermocorticoïdes, est-ce un vitiligo ?

Non c’est une achromie post lésionnelle qui doit repigmenter dans les semaines suivantes, elles peuvent nécessiter une exposition solaire ou aux ultraviolets pour repigmenter.

$ Il faudra se montrer prudent par la suite et ne pas abuser des dermocorticoïdes puissants lors d’une nouvelle poussée de la maladie.

 

En débronzant j’ai des taches blanches sur les bras ?

Ceci ne représente qu’une manière anormale de débronzer, sans doute en relation avec les produits utilisés lors des expositions solaires.

$ Eviter les produits contenant des parfums la prochaine fois que vous irez au soleil.

 

Je vois apparaître des petites taches blanches sur mes jambes et sur les bras ?

A partir d’une certaine dose de soleil, certaines peaux manifestent un mécontentement, en particulier par des petites zones blanches centrées par un orifice folliculaire (hypomélanose en gouttes). On ne connaît pas bien leur signification mais cela signifie que ma protection solaire n’a pas été très efficace, voire nulle.

$ Repigmenter avec une Puvathérapie, laser doux, et protégez-vous lors d’expositions solaires ultérieures.

 

Au retour de vacances j’ai des taches blanches sur le dos et le thorax ?

Il y a de fortes chances pour que vous ayez développé un champignon bénin, le pityriasis versicolor. Elles peuvent desquamer finement et occasionner un léger prurit.

$ Un traitement antimycosique simple vous permettra de l’éliminer facilement. La repigmentation s’effectuera alors sur quelques semaines.

 

Au retour de vacances j’ai des taches brunes sur le dos et le thorax ?

Il y a de fortes chances pour que vous ayez développé un champignon bénin, le pityriasis versicolor. . Elles peuvent desquamer finement et occasionner un léger prurit. Selon les peaux, ce champignon peut donner des lésions blanches ou pigmentées.

$ Un traitement antimycosique simple vous permettra de l’éliminer facilement. La peau reprendra sa couleur normale en quelques semaines.

 

J’ai un vitiligo, les docteurs me disent qu’il n’y a rien à faire ?

Actuellement les meilleurs traitements du vitiligo sont : sur le visage des peaux foncées, des essais de dermocorticoïdes forts, la Puvathérapie et les greffes de mélanocytes, d’épiderme ou de peau totale (punchs).

$ $ Oui, il y a quelque chose à faire pour votre vitiligo.

 

Quels sont les risques des différents traitements du vitiligo ?

L’application de dermocorticoïdes peut entraîner une atrophie irrécupérable des tissus, la Puvathérapie au long cours un vieillissement cutané accéléré, les greffes ne présentent pas de risques particulier sinon de ne pas prendre.

 

Est-il raisonnable de traiter un vitiligo ?

Comme pour toute thérapeutique il faut évaluer le coefficient risque/bénéfice, autrement dit évaluer les risques possibles pour tirer le meilleur bénéfice. L’association greffes-Puva semble actuellement donner le meilleur ratio risque/bénéfice.

 

Mes cicatrices deviennent blanches et ne repigmentent pas ?

Après un essai solaire vos cicatrices doivent prendre de la couleur.

$ Si ce n’est pas le cas, pour recoloniser vos taches il existe deux procédés: la microdermabrasion épidermo-dermique et la Puvathérapie

 

Qu’a de particulier le pityriasis versicolor.

Il est du à une levure saprophyte (malassezia furfur),champignon de la peau. Il prédomine sur les zones riches en glandes sébacées. Il aime l’humidité et les rayons ultraviolets. Il se présente sous la forme de taches arrondies ou ovalaires pouvant confluer en de vastes placards (thorax et dos, mais peut disséminer largement), de couleur blanc ou brun, finement squameuses au grattage. Ces plaques sont fluorescentes en lumière de Wood (UV sans visible), l’application d’un scotch sur la peau contaminée examinée au microscope montre des spores et des filaments mycéliens. La forme achromique peut évoquer un vitiligo.

 

Que faut-il faire devant un pityriasis versicolor ?

$ Faire : se laver pour éliminer les squames. Traiter par shampooings dermatologiques contenant des antifungiques après diagnostic, des crèmes ou liquides dans les formes peu étendues. Dans les formes étendues et récidivantes, comprimés d’antimycosiques, et pratiquer un traitement préventif avant les vacances solaires (plages) et un traitement curatifs après les expositions solaires.

$ Ne pas faire: application de corticoïdes.

 

$ $ Qu’elle est la prévention des achromies :

s’assurer du diagnostic dermatologique constitue la première étape . 

ne pas abuser des corticoïdes lorsque des taches blanches apparaissent au décours d’un traitement d’eczéma, de psoriasis ou de toute autre maladie cutanée.

faire un traitement préventif avant et au retour des vacances du pityriasis versicolor avec un antimycosique local (gel moussant).

exposer avec prudence au soleil votre vitiligo (filtres + photosensibilisants) sous surveillance médicale, et se renseigner sur les greffes mélanocytaires et greffes de peau et sur la Puvathérapie associée.

une fois votre cicatrisation terminée, exposer vos cicatrices blanches au soleil, ou se renseigner sur la microdermabrasion en cas d’insuccés.

après apparition de petites taches sur les membres, faire repigmenter les zones par Puvathérapie et se protéger efficacement du soleil à l’avenir.

en cas de contact avec des lépreux, s’assurer d’une vaccination efficace par le BCG.

Pour diminuer le risque de dépigmentation de la peau, voici quelques conseils : éviter les produits qui sont vendus pour éclaircir le teint, éviter la camomille dans les crèmes locales, les peroxydes (benzoyle, eau oxygénée) dans les produits de soins et de coiffure, les agents blanchissants(eau de javel) et tout produit à base d’hydroquinone ou d’acide azélaïque, éviter les dessous blanchis.

En général éviter les frottements de la peau avec des produits blancs, ou les peelings, les alpha-hydroxy acides, les acides de fruit décapants(ne pas frotter la peau avec du pissenlit, canne à sucre, agrumes, citron et raisin) des tomates, de la cannelle, café (acides phénoliques) , du café(caféïne), artichaut, persil (hétérosides flavoniques).


4 - Les hyperchromies ($ .= Faire, ne pas faire)

Hyperpigmentations. (La peau devient plus foncée).

 

Pourquoi la peau devient-elle plus foncée ?

La couleur de la peau dépend de trois pigments: les pigments mélaniques bruns fabriqués par les mélanocytes, l’hémoglobine rosée, rouge ou violette, les carotènes, du jaune à l’orangé. Lorsque ces pigments se retrouvent en plus grande quantité ils provoquent une hyperpigmentation. Des pigments anormaux peuvent se déposer au niveau de la peau : bleu par alcaptonurie (urines foncées), jaunes par bilirubine (ictères), jaune, bleu, vert, ou brun par chromidrose(infections mycosiques, teintures, sels de cuivre), médicaments (amiodarone : liliacé, gris ardoise, chlorpromazine (visage mauve), dents brunes avec les tétracyclines chez les enfants (minocycline sur la peau), les sels d’or, enfin l’incrustation cutanée volontaires ou accidentelles de différentes substances tatouent la peau de couleurs variées : asphalte, poudre (gunpowder).

 

Certaines hyperpigmentations sont caractéristiques de situations définies :

 

Qu’est ce qu’un chloasma ou mélasma ?

Ce sont des taches de pigmentation brun clair à foncé à contour irrégulier du front et de la face augmentant au soleil, chez la femme principalement après grossesse ou prise d’oestro-progestatifs. Peut disparaître après la grossesse ou l’arrêt du contraceptif. Très rare chez l’homme. L’efficacité des traitements (dépigmentants, acide rétinoïque) dépend de la profondeur des pigments : bons résultats s’ils sont épidermiques , mauvais s’ils sont dermiques

$ . Un écran total parfait est obligatoire pour les expositions solaires même minimes.

 

A quoi correspond le masque de grossesse ?

Le masque de grossesse est une pigmentation de la face en rapport avec les stimulations hormonales indispensables à la croissance du bébé. Les mélanocytes sont stimulés et augmentent en nombre ; ils fabriquent plus de mélanine, le pigment naturel de la peau. C’est pourquoi après l’accouchement il peut soit disparaître et ne jamais revenir, soit s’atténuer et nécessiter des soins spécifiques.

 

J’ai une hyperpigmentation du visage, on dirait que je suis enceinte, mais je ne le suis pas?

c’est un chloasma:une hyperpigmentation du visage brun clair ou foncé, aux contours polylobés, symétrique, accentué par le soleil, qui reconnaît deux causes majeures, les causes hormonales et les cosmétiques. Le pigment mélanique peut se trouver dans l’épiderme, mais aussi autour des vaisseaux dermiques. Une fois la cause trouvée,(sans cause particulières chez sujets foncés) j’élimine les produits responsables : pilule ou produit parfumé.

$ .Vous devez donc éviter les parfums sous toutes leurs formes, parfum concentrés ou très dilués, eaux de toilette parfumées, crèmes et lotions parfumées, et tout produit nettoyant sur la face ou tout autre photosensibilisant local ou général avec protection maximum solaire par écrans totaux.

 

J’ai une pigmentation de la face ou un chloasma, quels sont les moyens pour la faire disparaître ?

Des crèmes dépigmentantes, abrasives sont proposées par le médecin :acides de fruit, acide rétinoïque (exfoliant)t, hydroquinone et ses dérivés(dépigmentants). Il peut pratiquer une microdermabrasion superficielle, des peelings légers et répétés type acide glycolique, un « surfacing » léger au laser CO² ou avec une lampe flash (Amplified light).

 

Erythrasma : affection des aines et des aisselles due à une bactérie : Corynebacterium minutissimum, donnant une coloration brun rouge (typique en lumière de Wood), bien délimitée et finement squameuse. Souvent confondu avec une mycose.

$ .Le docteur me donne un antibiotique approprié, et des imidazolés en application locale.

 

Une coloration des aisselles est-elle toujours allergique ou mycosique (champignons)?

Non, ce peut être une atteinte microbienne qui nécessite un traitement antibiotique. Cette infection est favorisée par la chaleur, l’humidité et le diabète. Il n’existe pas de vésicules. La coloration brun rougeâtre est très évocatrice. En lumière de Wood la fluorescence rouge est très nette et typique. Le prélèvement en laboratoire retrouve une bactérie filamenteuse gram positive : Corinebacterium minutissima. Si les grands plis sont atteints il faut également regarder les petits plis : entre les doigts de pieds, et les ongles.

 

A quoi correspondent les éphélides ? (freckles)

Ce sont de petites taches bénignes faiblement pigmentées apparaissant après exposition solaire chez des sujets à la peau très claire principalement sur le visage. Une notion familiale est souvent retrouvée. Elles sont plus fréquentes sur les peaux très claires.

$ Pas de traitement en général, car elles s’atténuent spontanément.

$ .Traitement préventif : écran solaire pour les peaux claires.

 

A quoi correspondent des petites taches pigmentées, les lentigos ?

Ce sont des taches pigmentaires simples, hyperpigmentation arrondie, acquise, sans changement de la structure cutanée, de un à cinq millimètres de diamètre, apparaissent par poussée, spécialement à la puberté, lors de grossesses, ou d’affections endocriniennes. Les mélanocytes sont normaux, mais en plus grand nombre.

N’ont aucun caractère de gravité en général. Rarement certaines familles présentent des troubles divers associés à des lentigines localisés (maladie de Peutz-Jeughers) ou généralisés (Syndrome de Moynahan). Des lentigines apparaissent après Puvathérapie ou coup de soleil(lentigo solaire).

$ .Traitement préventif, éviter les coups de soleil en se protégeant par une photoprotection efficace.

 

Est-il possible de faire enlever des petites taches disséminées sur le corps ?

Dans l’énorme majorité des cas cela n’a aucune importance. Ce sont des lentigos, taches pigmentaires tout à fait bénignes.

$ .Elles peuvent s’enlever au froid ou au laser CO² en cas de gêne esthétique.

 

Tache café au lait: fréquentes dés la naissance, bistre ou brun clair de 1 à 2 centimètres de diamètre, thorax ou lombes. Bénigne.

$ . Ne rien faire, ou laser spécial.

 

Tache mongolique: bleu ardoisé, 10 centimètres de diamètre, Région habituelle lombo-sacrée, dès la naissance dans les races mongoloïde et négroïdes, régressive dans les années qui suivent.

 

Dermites pigmentées: une hyperpigmentation localisée ou généralisée peut être d’origine endogène (maladie) ou localisée exogène (médicaments, goudrons ou plantes).

 

Mélanose de Riehl : dermite pigmentaire ponctiforme, puis réticulée de la face, jaune chamois à brun d’origine incertaine, chez des femmes manipulant des huiles ou des cosmétiques.

$ .Photoprotection par écran total vrai, éviction des produits suspects, agents dépigmentant, laser à colorant centré sur 755 nanomètres.

 

Dermite ocre: coloration progressive purpurique et pigmentée de la peau des membres inférieurs due à une insuffisance veineuse chronique, une sclérose dure apparaît progressivement. La dermite ocre favorise l’infection les eczémas dits variqueux et les ulcères de jambe.

$ .Ce que je ne dois pas faire: laisser l’oedème des membres inférieurs devenir permanent, gratter les jambes et les infecter.

$ .Ce que je dois faire: repos et pansement par infirmières, réduction de l’oedème par massages et bandes élastiques faiblement serrées.

$ .Le médecin fera: des scléroses des veines insuffisantes ou chirurgie des veines saphènes, prescription de pommades appropriée au stade de la dermite ocre.

 

 

Que faut-il faire pour éviter une dermite ocre ?

$ .Ne pas laisser s’installer des désordres veineux des membres inférieurs : varices, ulcères de jambe, plaies torpides. Se soigner à temps : faire enlever chirurgicalement les varices présentant des insuffisances valvulaires, scléroser les autres. Eviter les coups violents sur les jambes et les protéger lors de la pratique de sports violents ou lors d’activité professionnelles où les jambes sont exposées. Ne pas laisser un eczéma chronique évoluer sans traitement. S’employer à ne pas laisser un oedème des jambes se pérenniser. Faire enlever toutes les kératoses qui s’installent sur les jambes. Pratiquer la marche à pied lente. Eviter les longues stations debout sans bouger. Essayer les nouvelles méthodes de régénération de l’épiderme et du derme.

 

Que sont les mastocytoses ?

Macules hyperpigmentées du tronc, macule ou papule unique chez l’enfant (jaune-brun), très rarement télangiectasiques ou érythrodermique. Signe typique: le frottement entraîne la turgescence des éléments ; Des lésions viscérales osseuses, digestives et hématologiques sont peu fréquentes, mais aggravent le pronostic. Tout agent physique, chimique, animal ou médicamenteux déclenchant la dégranulation des mastocytes doivent être évités ( alcool, morphine, codéine, cacahouètes).


5 - Les lésions érythémato squameuses ($ .= Faire, ne pas faire) ( rouge + squames), ( exemple: psoriasis, pityriasis rosé de Gibert).et kératosiques(épaississement corné prépondérant), (exemple: ichtyose, cor, verrues ...)

 

Les dermatoses érythémato-squameuses associent un érythème à une desquamation épidermique.

Elles sont généralement associées à une épaisseur (papuleuse) réalisant une lésion rouge plus ou moins épaisse dont la superficie s’écaille plus ou moins finement.

Squames fines comme le pityriasis versicolor (champignon, levure) qui doit son nom au fait que la surface peut être blanche ou brunie par le soleil, fréquente après séjour sur les plages.

Squames épaisses, voire blanchâtres, le psoriasis est la plus fréquente de ces dermatoses chroniques: évolution par poussées, symétrie, notion familiale, amélioré par le soleil (origine inconnue).

Le pityriasis rosé de Gibert, d’origine inconnue, réalise une ou plusieurs poussée d’éléments ovalaires, s’étalant à partir d’un médaillon initial.

Les autres sont des diagnostics de spécialiste: parapsoriasis, lupus érythémateux chroniques

Les érythrodermies : totalité ou presque du tégument est rouge, c’est une urgence

Les lésions kératosiques sont épaisses et dures: durillons et verrues des pieds peuvent se confondre. les verrues des régions génitales sont fréquentes.

Les kératodermies palmo-plantaires sont nombreuses et d’origines variées souvent chroniques, plus rarement aux membres inférieurs (maladie de Kyrle), au cou à la nuque (kératose folliculaire serpigineuse, ou en ligne (kératose lichénoïde striée).

Les états ichtyosiques sont congénitaux, ou tardifs (paranéoplasiques), la peau s’écaille d’une manière diffuse.

 

Parapsoriasis en gouttes : petites papules rosées devenant brunâtre et squameuse , et disparaissant en une vingtaine de jours, évoluant par poussées, plus rarement les papules deviennent noirâtres et nécrotiques, avec des poussées fébriles, avec cicatrice. Origine inconnue (virale ?). Diagnostic clinique ou biopsie.

$ La puvathérapie efface les éléments en cas de répétition des poussées.

 

Parapsoriasis en plaques : placards érythémato-squameux en plaques de grandes dimensions ayant tendance à s’infiltrer, annonce un mycosis fungoïde (grave).

Parapsoriasis digitiforme : petites plaques caractéristiques érythémato-squameuses simulant l’application de doigts sur la peau, sur les membres ou le thorax, l’abdomen.

$ Puvathérapie.

 

Kératodermies palmo-plantaires : les paumes des mains et les plantes des pieds sont recouvertes de squames épaisses plus ou moins diffuses, blanches, jaunâtres, voire brunâtre. Bilan cutané, biopsie, enquête familiale orientent le diagnostic.

1 - acquises (80%) :eczéma de contact, psoriasis, mycoses, lichen plan, traumatismes répétés, gale.

2 - héréditaires (20%) :strictement localisées aux mains et aux pieds : soit diffuses, soit en îlots kératosiques isolés :apparition dès la naissance ou adolescence.

traitement symptomatique :bains émollients, décapage, dermocorticoïdes, Puvathérapie, rétinoïdes.

 

Ichtyose : maladies donnant un aspect de peau de poisson à la peau : elles peuvent être héréditaires ou acquises.

Héréditaires le renouvellement épidermique est normal, les cellules cornées restent attachées les une aux autres : ichtyose vulgaire, (la plus commune), ou liée à l’X. La peau est sèche et rugueuse, grisâtre, avec lambeaux de peau épais, pas de prurit, s’atténue à la puberté, amélioré par la sudation.

$ ce que je peux faire : réhydrater la peau, kératolytiques pour faire desquamer la peau.

ou le renouvellement épidermique est accéléré : érythrodermies congénitales sèches et bulleuses : apparaît dès la naissance (érythrodermie, bébé collodion, ichtyose linéaire circonflexe), tableau clinique grave, vie difficile. $ Conseil hospitalier.

L’ichtyose acquise à l’âge adulte doit faire rechercher un cancer sous-jacent. Des ichtyoses rares associent état ichtyosiforme à des anomalies cliniques ou biologiques variées (nerveuses, pilaires, osseuses, troubles du métabolisme lipidiques, déficit immunitaire).

 

Pityriasis rosé de Gibert: origine inconnue, petites plaques érythémato-squameuses arrondies ou ovalaire commençant par une seule plaques et suivie d’une multitude plaques irradiant du site primitif. Evolution cyclique sur 3 semaines en deux ou trois poussées généralement régressives spontanément. Eléments de couleur rosée bordée d’une fine collerette évoluant excentriquement. La première plaque est le plus souvent la plus étendue. Viennent ensuite des points rouges rapidement extensifs de un à plusieurs centimètres ovalaires. Pas de prurit généralement, mais formes prurigineuses, papuleuses et géantes possibles.

$ Pas de traitement spécifique dans les formes banales: émollients et crèmes neutres.

$ Puvathérapie dans les formes extensives, papuleuses ou prurigineuses. 4 à 6 séances suffisent.

$ Ne pas faire: antimycosiques, corticoïdes, antibiotiques.

 


6 - Lésions papuleuses ($ .= Faire, ne pas faire) (élément saillant),

Eléments saillants sur la peau. La couleur, l’association à un prurit (envie de gratter), l’évolution vers des lésions squameuses, ou la topographie sont les principaux éléments qui permettent de distinguer cliniquement les différentes maladies papuleuses les plus communes.

Ailleurs une biopsie cutanée (morceau de peau pour examen au microscope) est indispensable.

Maladies allergiques communes: les papules peuvent être rouges, prurigineuses et fugace comme l’urticaire ou plus durables comme le prurigo des membres.

Accompagné de fièvre et rapidement extensif avec oedème il devient érysipèle (infectieux : streptocoque, grosse jambe rouge).

Un sujet jeune a des papules roses-brunâtre sur la face couleur peau, comme les verrues planes., ou une éruption brun-chamois symétrique turgescent au frottement, l’urticaire pigmentaire

Le lichen plan comporte des éléments groupés de couleur violine caractéristique. : avec ou sans atteinte muqueuse: bouche, organes génitaux.

Maladie de Darier : dyskératose folliculaire, début entre 8 et 16 ans, papules kératosiques folliculaires grisâtres symétriques associées à des papules du dos des mains.

les surcharges métaboliques ont tendance à prendre une couleur jaune (graisse) ou rose-brun (amyloïdose de la face interne des jambes), ou centrées par un orifice folliculaire.

Plus rarement dessinent des formes géométriques, en cocarde, l’érythème polymorphe et l’érythème annulaire centrifuge dessine des courbes ou des ronds. Chez l’enfant avec un début brutal et des adénopathies (acrodermatite papuleuse infantile), chez l’adulte (syphilis secondaire).

 

Erythème polymorphe : lésions érythémateuses, devenant papuleuses et bulleuses en anneaux, en cocarde, prédominant sur les paumes et les plantes, les faces d’extension des membres, souvent accompagnées d’érosions de la bouche ou des régions génitales. L’infection à virus HSV1 et 2 (herpès est la cause la plus fréquente, avec Mycoplasma pneumoniae et les médicaments (toxidermie). Apparaît une dizaine de jours après la poussée et disparaît spontanément en une à deux semaines.

 

Lichénification : infiltration localisée de la peau sous l’influence du grattage, du frottement, ou de traumatismes répétés. L’eczéma lichénifié peut être d’origine atopique, de contact, variqueux, ou provoqué par des réactogènes internes ou externes, ou par photosensibilisation, des agents mycosiques ou microbiens : les zones les plus concernées sont la nuque, la face dorsale des mains et des chevilles et les zones ano-génitales.

Le diagnostic peut nécessiter une biopsie de la peau pour ne pas confondre avec d’autres maladies (lichen verruqueux, , trichophytie etc.).

$ Le traitement repose sur les corticoïdes en pommade, parfois la puvathérapie.

 

Lichen plan ou lichen : ensemble de papules violines, fermes, au sommet strié d’un petit réseau blanchâtre d’hyperkératose : face antérieur des poignets, région lombaire, au niveau de la bouche, réseau blanchâtre en feuille de fougère de la face interne des joues, érythémateux au niveau de la vulve. Il est prurigineux. Il peut être hyperplasique, pigmenté, bulleux et devenir chronique. Son association avec une hépatite C doit être recherchée, il peut survenir dans des cas de réaction de greffons contre son hôte (maladie auto-immune ?).

$ Traitement : corticothérapie locale, puvathérapie ou ciclosporine dans les formes profuses ou chroniques résistantes.

$ Prévention : Eviter l’hépatite C : attention aux eaux polluées dans les lieux d’hygiène douteuse.

 


7 - Vésicules, bulles et pustules ($ .= Faire, ne pas faire) (élevure remplie de liquide clair ou trouble).

Les maladies virales fréquentes: herpès, zona et varicelle.

 

Herpès forme des bouquets de vésicules claires rapidement troubles, blanches, sèchent en 3 à 5 jours, souvent autour des orifices naturels, bouche, nez, vulve, récidive au même endroit en se déplaçant légèrement.

Le zona a une topographie qui suit l’émergence des nerfs sur la peau, la vésicule devient rapidement trouble et s’ombilique en séchant, il est souvent douloureux et peut laisser des séquelles douloureuses augmentant avec l’âge (œil).

La varicelle se voit plus chez l’enfant et comporte quelques grosses vésicules éparpillées sur le corps dans un contexte fébrile, tandis que le syndrome main-pied-bouche se voit également chez l’enfant. l’herpès et le zona peuvent se généraliser (immunologie déficiente.)

 

La lésion élémentaire de la dermatite atopique est une vésicule, mais cet eczéma comporte des aspects divers: le prurit domine, la peau est chroniquement sèche, les atteintes symétriques, peut survenir chez l’enfant et persister à l’âge adulte.

Des dermites de contact peuvent réaliser des atteintes localisées prurigineuses et vésiculeuses volontiers asymétrique, évoluant vers un stade croûteux.

Des lésions vésiculeuses peuvent se voir dans des prurigos (allergiques) des toxidermies de contact(plantes).

Des champignons (dermatophyties) réalisent des lésions en anneau à évolution centrifuge, les cultures en laboratoire sont positives.

L’impétigo est pustuleux , parfois folliculaire (barbe) du a des staphylocoques ou des streptocoques ou des candida albicans ) suinte un liquide de couleur jaunâtre, et sèche en laissant des croûtes (enfants).

Les aphtes se localisent principalement sur les muqueuses (bouche), laissant des ulcérations jaunâtres douloureuses.

Le psoriasis peut être pustuleux principalement aux pieds et aux mains, invalidant.

Les bulles sont remplies d’une sérosité comme les vésicules, mais sont de plus grande taille. Ce sont le plus souvent des maladies hospitalières rares et graves (Pemphigus, Pemphigoïde, porphyries, épidermolyses bulleuses...). Certaines bulloses malgré leur caractère impressionnant n’ont pas de caractère de gravité au long cours, ce sont les toxidermies bulleuses, les dermites des prés, les dermites de contact, et certaines lucites (polymorphes, intolérance solaire).

 

Eczéma :

Facteurs de risques d’atopie : association de facteurs génétiques et d’environnement

 

Eczémas de contact :

dermatite de contact domestiques : le contact d’un objet usuel provoque une allergie cutanée :

les causes les plus fréquentes sont le nickel bijoux fantaisies), les antibiotiques et le caoutchouc (eczéma des ménagères), les photoallergies sont provoquées par l’action du soleil et d’un allergène ( filtres solaires, plantes), le contact peut-être cutané ou par ingestion (nickel, cobalt, baume du Pérou), se méfier des allergènes aéroportés sur les zones découvertes comme le frullania des arbres.

Pour trouver la cause de l’allergie de contact, un interrogatoire serré et des tests dirigés selon la topographie des lésions et les activités du malade.

Dermatites de contact professionnelles : maladie cutanée en relation avec l’exercice de la profession (occupationnel dermatitis). Les principaux agents irritants sont : le chrome, le ciment, le nickel, les résines, le caoutchouc, le latex, sélénium, métacrylate de méthyle, les solvants (white spirit) : aspects cliniques : lésion érythémato-squameuse avec gonflement et sensation de brûlure, mais aussi des lésions vésiculo-pustuleuses, des ulcérations, une onycholyse, un purpura, l’eczéma se surajoute aux lésions d’irritations primaires.

 

Prévention des eczémas de contact :

Quelles sont les mesures à adopter pour éviter un eczéma de contact ?

$ .Hygiène :ne pas se laver trop souvent, savons pH de la peau (surgras), éviter les produits abrasifs : white spirit, essence, alcool, couper les ongles ras.

Gants adaptés à chaque travail, pas de gants en cuir si allergie au chrome, pas de gants en caoutchouc et crèmes protectrices, mais allergie au latex devient plus fréquente (infirmières, chirurgiens). Pour les travaux de maçonnerie, éviter de lisser à main nue, d’utiliser des décapants puissants, de la chaux, des ciments. éviter la macération dans des bottes en caoutchouc, porter des chaussettes en coton

 

Herpès

 

Herpès: éruption vésiculeuse due aux virus HSV 1 et HSV 2 (herpès simplex homini), transmission strictement interhumaine, atteint la peau et les muqueuses :

primo infection : gingivostomatite (vésicule de la cavité buccale + fièvre + ganglions), cutanée (vésicule en bouquets +ganglions, génitale (vulvo vaginite ou balanite), kératoconjonctivite (rare). Serait responsable d’une part importante des érythèmes polymorphes.

herpès récurrent: vésicules en bouquet, se troublant rapidement, et devenant croûteuse, durée 4 à 8 jours, péri orificiel et péribuccale ou ano-génito-fessières, après infections diverses, exposition solaire en montagne, règles, stress.

Les poussées d’herpès peuvent être graves chez le nouveau né, le nourrisson, et l’immunodéprimé et en cas d’atteinte oculaire.

La cytologie montre des cellules ballonisantes, la culture du liquide des vésicules met en évidence le virus.

$ .Traitement locaux par préparations diverses (vidarabine) et général par aciclovir (comprimés et perfusions).

 

Quelles sont les précautions pour éviter de contracter l’herpès ?

$ .Eviter tout contact direct avec les personnes présentant un signe cutané d’herpès : ne pas embrasser une personne présentant un bouton de fièvre banal situé sur les lèvres de la bouche, avoir des contacts sexuels protégés en cas de poussée d’herpès dans les premiers jours, même pour les couples sans risque. Eviter de visiter des nouveau-nés ou des vieillards en cas de poussée personnelle d’herpès cutané. Se traiter lors de chaque poussée, même bénigne et fugace.

 

Herpès génital 

L’herpès génital est du à deux virus, HSV 1 et 2. Transmission par voie sexuelle avec un partenaire présentant des lésions herpétiques, ou un épisode d’excrétion virale asymptomatique. Le virus siège dans les ganglions sensitifs, protégé du système immunitaire de l’hôte, il se réactive sous l’effet de stimuli comme la fatigue, le stress, les règles, les rapports sexuels etc.

Sur la partie muqueuse de la région génitale, l’herpès se manifeste par une érosion sans croûte.

 

Comment se passe une primo-infection de l’herpès génital ?

C’est une éruption de vésicules avec oedème, douloureuse, qui peut déborder les muqueuses, accompagnées de ganglions inguino-fémoraux de leucorrhées abondantes chez la femme, d’asthénie et de fièvre.

Une pharyngite avec dysphagie, lésions aphtoïdes ou un simple érythème peut les accompagner, et un syndrome méningé avec dysurie, voire rétention urinaire peut être le seul signe de la primo-infection herpétique.

 

Comment se passe une poussée d’herpès récurrent ?

Le rythme est variable. La poussée est annoncée par des sensations de prurit, de brûlure avec excrétion virale donc risque de contamination. L’éruption de vésicules est suivie d’érosion, puis de croûtes, ou simplement une plaque érythémateuse, une petite érosion avec ganglions (inconstants), sans signes généraux. Elle disparaît en une semaine. Elle peut être suivie par une poussée d’érythème polymorphe.

 

Peut-on confirmer par le laboratoire le diagnostic d’herpès ?

Le diagnostic d’herpès est avant tout clinique, mais dans des cas difficile le laboratoire peut retrouver le virus ou son effet sur les cellules (ballonisantes). Le prélèvement se fera dans les premiers jours de l’infection. La lésions suspecte grattée au vaccinostyle et le virus cultivé sur milieu spécial. Le produit de grattage est appliqué sur une lame, colorée par le Papanicolaou. Examinée au microscope les cellules infectées sont plus volumineuses que les autres. Il peut être pratiqué une recherche en immunofluorescence directe. Un sérodiagnostic peut être pratiqué par prise de sang, il met en évidence les anticorps anti HSV1 et 2, mais ne se positive qu’après 3 semaines de la première infection, et ne peut servir au diagnostic.

 

Je suis enceinte, puis-je transmettre mon virus à mon bébé ?

L’herpès néonatal existe. La transmission se fait lors de l’accouchement, mais peu d’enfants sont contaminés. La primo-infection maternelle reste le risque le plus important. Vous devez signaler impérativement à votre accoucheur que vous avez fait des poussées d’herpès génital, et toute symptomatologie ou signe cutané chez vous ou votre partenaire précédant l’accouchement vous faisant penser à une poussée d’herpès.

 

Le traitement de l’herpès est-il définitif ?

Hélas non pour le moment, le traitement (aciclovir ou traitement local) n’est que suspensif car il ne fait que bloquer la réplication virale. Il ne traite que la poussée. Il permet de réduire la durée de vie des virus au niveau cutané et la fréquence des poussées en cas d’herpès récidivant.

 

Dermatite herpétiforme : associe chez un sujet jeune une éruption de petites bulles symétriques à une entéropathie au gluten.

$ .Traitement préventif : régime sans gluten (farines et pains, féculents, moutarde, bières, cacao ...)

 

Pemphigus et pemphigoïdes : bulles cutanéo-muqueuses pouvant évoluer vers une érythrodermie, des lésions végétantes, atteinte oculaire. Maladie hospitalière, Les critères cliniques, histologiques et immunologiques permettent de différencier différents pemphigus. A part le pemphigus chronique bénin familial qui atteint les plis avec rhagades.

 


8 - Tumeurs bénignes ($ .= Faire, ne pas faire) (élevure).

 

Les tumeurs bénignes n’ont pas de conséquences graves pour l’avenir, elles apparaissent progressivement avec l’âge, surtout après 40-50 ans.

Les tumeurs malignes peuvent avoir des conséquences importantes, elles sont du domaine du spécialiste..

 

A) Virales:

1 -1 - verrues: tumeurs saillantes, dures, aplaties à la plante des pieds, saillantes aux mains, possible sur le corps et les organes génitaux, polylobées, fréquentes chez l’enfant.

Les plus communes des proliférations épidermiques, se voient plus chez l’enfant, tumeurs virales à papillomas virus(HPV), planes petites et multiples sur la face et le dos des mains, dites « vulgaires »aux paumes et plantes, les verrues sont strictement épidermiques et n’ont pas de racines, mais une profondeur.

De nombreux moyens existent pour les faire disparaître, tant leur évolution est imprévisible : crèmes,lotions, vernis à base de teinture de tuya, d’acide salicylique... la cryothérapie « froid «  ( azote liquide, neige carbonique, froid électrique) reste très employé, mais la destruction par bistouri électrique ou laser CO² reste souvent indispensable.

$ .Pas d’ablation chirurgicale au bistouri à lames, la survenue de cicatrice vicieuse étant fréquente.

$ .Pas de piscine pour ne pas contaminer les autres.

1 - 2 - molluscum contagiosum: nodules viraux fermes et rosés avec une dépression centrale, chez l’enfant, dans une zone limitée, provoquent une réaction prurigineuse en disparaissant.

Moluscum contagiosum, dû à un Pox-virus, petits nodules bien arrondis, multiples, en foyer de quelques éléments, survenant généralement dans l’enfance, la dépression centrale jaunâtre est typique. Ils peuvent disparaître spontanément en s’étalant, provoquant une réaction inflammatoire prurigineuse plus intense chez les sujets atopiques (eczéma chronique constitutionnel).

$ Destruction à la curette, cryothérapie (froid), laser CO² avec anesthésie locale de chaque élément.

$ .Eviter de gratter pour ne pas surinfecter.

 

B) Fréquentes apparaissant avec l’âge

 

Tumeurs bénignes à prédominance blanc-jaunâtre:

 

Kystes épidermiques: blanchâtres, fermes, petits (grains de milium), moyens ou gros dans l’acné, peuvent devenir importants (kystes du dos, loupes du cuir chevelu): contiennent du sébum plus ou moins épais.

 

Kystes sébacés :
Hypertrophie de l’appareil pilo-sébacées de la peau sous contrôle des androggènes. Augmentation du nombre au cours de l’acné, odeur butyrique caractéristique à la pression . Eclatent la peau et se surinfectent facilement, source de cicatrices disgracieuses plus ou moins profondes de la face. Autre localisation fréquente : le scrotum, source d’infections à répétition.

$ .Ablation chirurgicale simple, ouverture de kystes volumineux purulents.

 

Grains de millium :
Petits grains durs et blanc, arrondis, ressemblant à des grains de mil posés sur la peau, faussement superficiels, bien isolés les uns des autres, localisés sur sur les joues, les lèvres, les paupières. Il peut s’en trouver au niveau de cicatrices. Il ne sort rien de cette cavité à l’inverse d’un kyste actif. Aucun caractère de gravité..

$ . Ne doit s’enlever qu’en totalité au bistouri à lame simple : éjection de la boule blanche par le m édecin, déconseillé de le faire soi-même en raison des attaches profondes, et pour éviter les cicatrices résiduelles.

$ Prévention : exfoliation de la peau par rétinoïde ou microdermabrasion.

 

Adénomes sébacés: roses-orangés au centre déprimé, après la quarantaine, face(front).

 

Adénome sébacé : petits nodulesfermes de quelques millimètres de diamètre, caractérisé par une couleur orangée et un centre déprimé, sur le front, les joues, apparaissant après la quarantaine sur des peaux à tendance acnéïque, grasses , voire sèche (femmes).

$ Pas de prévention spéciale,, tumeurs bénignes. Destruction par cryothérapie, chirurgie, laser CO².

 

Kystes mucoïdes : dessus des doigts, articulations, liquide filant.

 

Kystes mucoïdes : lésion unique, rosâtre, translucide, près de la matrice de l’ongle ou de l’articulation interphalangienne (participation synoviale).Récidive fréquente

$ Traitement par ponction, cryothérapie, laser CO².

$ Prévention : éviter les piqûres naturelles (épines).

 

Lipomes: petits ou gros, mous, profonds, mobiles, sont des nodules graisseux..

 

Lipomes : tumeurs graisseuses sous-ctanées fréquentes, arrondies ou ovalaires, de consistance molle, indolores, pouvant atteidre de gros volumes, être multiples (lipomatose).

$ Ablation chirurgicale ou lipo-aspiration en cas de gêne, douleur ou croissance rapide.

 

Xanthélasma: dépôt de graisse sur les paupières.

 

Xanthélasma : papules jaunâtres des paupières, uni, puis bilatérales, correspondant à un dépôt de cholestérol, surtout après 50 ans, récidive volontiers. Aucun caractère de gravité. Ne corresponf pas à une hypercholestérolémie.

$ Ne peut s’enlever par soi-même. Ablation chirurgicale ou laser CO².

Hidradénomes: petites tumeurs sudorales jaunâtres des paupières ou du thorax, peut être éruptif (survenue rapide et en nombre).

Hidradénomes nodulaires eccrine : tumeurs sudorales bénignes, cuir chevelu, visage, membres, unnliquide peut s’en échapper.

Hidradénome papillifère : lésion unique de la région génitale de la femme, augmente de volume avec les règles.

Hidrocystome eccrine : petites élevures translucides du visage, augmentent de volume en été.

$ Traitement des tumeurs sudorales bénignes : ablation chirurgicale, laser CO².

 

Couleur à prédominance rouge

 

Angiomes rubis: tronc, thorax: petits lacs sanguins rouge vif, bien arrondis

Angiomes rubis : le plus souvent sur le tronc et le thorax, petits lacs sanguins rouge vif,bien arrondis, apparaissant généralement après quarante ans.

$ Aucun moyen de prévention, aucun facteur de gravité, peut saigner s’il est écorché (appuyer dessus avec un coton jusqu'à l’arrêt du saignement).

$ Se détruisent par electrocoagiulation ou laser CO² par votre dermatologue.

 

Botryomycome: rouge, recouvert d’un enduit blanchâtre fréquent, extrémité (périunguéal), saigne facilement, après inoculation septique (attention confusion possible avec mélanome malin).

Botryomycome : tumeur vasculaire et infectieuse, rouge, recouverte d’un enduit blanchâtre fréquemment, située aux extrêmités (périunguéale), saigne facilement, après inoculation septique (pédicurie).

$ $ Traitement antibiotique, chirurgie et histologie en cas de doute (confusion possible avec un mélanome malin).

 

Couleur à tendance rose-brun

 

Fibrome cutané: tumeur dure, enchâssée dans la peau, aux jambes

Fibrome cutané ou histyocytofibrome : nodule fibreux, arrondi ou ovalaire, consistance ferme, fréquent aux jambes et cuisses, indolore peut être douloureux à la pression. Ne pas confondre avec un naevus, car est souvent coloré.

$ Ablation chirurgicale, risque de cicatrice profonde.

 

Papillomes mous: sur le cou, les paupières: morceau de peau pendant

Papillomes mous, ou molluscum pendulum : surveinnent sur le cou et le décolleté, les aisselles, les plis inguinaux, de consistance molle, couleur de la peau, un peu frippé, avec un epartie rétrécie le reliant à la peau ? Peut s’étaler et devenir volumineux, s’enflammer au niveau du col et tomber.

$ Pas de prévention, tumeur bénigne, ablation au ciseau, au bistouri, ou laser CO².

 

Papillomes verruqueux : sujets âgés, pointent vers le dehors, avec une base rouge. Confusion possible avec épithéliomas.

$ Ablation au laser CO².

 

Couleur à tendance brun

 

Kératoses séniles ou solaires: dos des mains, zones découvertes, taches augmenant progressivement de volume.

Kératoses séniles, ou solaires : apparaissent sur les parties découvertes (face et dos des mains, puis jambes avant-bras, dos...), taches brunes entourées d’un érythème, parfois ulcérées et saignant facilement, ou recouvertes d’une couche kératosique plus ou moins épaisse ‘corne). Lésions bénignes au début, fait le lit des épithéliomas en creusant la peau.

$ Traitement par électrocoagulation ou Laser cO² le plus tôt possible. L’examen histologique apprécie le drgré de malignité en cas de lésions invasives.

$ Traitement préventif : photoprotection des peaux claires et diminution des expositions solaires.

 

Naevus ou mélanome bénin (grains de beauté): peuvent avoir toutes les couleurs du rose au brun foncé, arrondis ou ovalaires, apparaissent tout au long de la vie, problème de transformation ou de diagnostic avec un mélanome (malin)

Les naevus sont des tumeurs solides pouvant prendre de nombreuses formes, planes, nodulaires, arrondies ou polylobées, de couleur brun clair ou foncé pour les plus communs, mais aussi rosé ou chamois, ou simulant une tumeur rouge. Plus ils apparaissent tôt dans la vie plus ils risquent de dégénérer en tumeur maligne. Leur avenir est incertain.

$ Traitement préventif : enlever tout naevus ou lésion colorée de la peau qui change de volume, de couleur, s’étend d’une manière visible, saigne au contact. Avoir un diagnostic précis de toute tumeur pigmentée qui persiste ou grossit au soleil ou sans soleil.D’une manière générale, ne pas garder sur la peau une tumeur colorée sans diagnostic.

$ $ Risque de trnasformation en mélanome malin de pronostic redoutable.

 

Verrues seborrhéiques: tronc, aspect verruqueux polylobé, polychrome.

Très fréquentes chez l’adulte, le nombre de verrues séborrhéïques augmenta avec l’âge, surtout sur le tronc, voire le visage. Allant de l’efflorescence de taches brunes payu saillantes àune tumeur unique noirâtre simulant un mélanome malin., avec une surface grasse, mammelonnée, avec des orifices folliculaires dilatés.

$ Traitement : destruction par cryothérapie, bistouri-curettes, laser CO².

 

A part :

 

Granulome à corps étrangers :

Granulome silicotique après chute sur gravier et cicatrice, ou sur le site d’une injection, réaction à corps étranger.

$ Ablation chirurgicale si gênant.

 

Mastocytoses :macules hyperpigmentées du tronc chez l’adulte, macule ou papule unique chez l’enfant (jaune-brun), signe spécifique : turgescence au grattage.

 

Naevus verruqueux : hyperplasie épidermique bénigne, souvent linéaire, apparaissant à la naissance, d’aspect grisâtre et kératosique.

Pas de traitement ou laser CO²

 

Certaines tumeurs bénignes font partie de maladies rares ou ne sont pas fréquentes

et restent du domaine du spécialiste et souvent de diagnostic histologique: cylindromes (glandes sudoripares,),dyskératome verruqueux, élastomes, infiltrat lymphocytaire de Jessner-Kanoff, leiomyomes, nodules rhumatoïdes, nodules des trayeurs, syringocystadénome papillifère, syringomes, trichoépithéliome, tumeur d’Abrikossof, tumeur fibroépithéliale de Pinkus, tumeur glomique, xanthomes...

 


9 - Maladies rares, souvent graves et toujours complexes ($ .= Faire, ne pas faire)

 

Maladie de Cowden : génodermatose associant de multiples dysembryoplasies cutanées et viscérales : hamartomes multiples, faciès d’oiseau).

$ .Conseil génétique.

 

Hématodermies : maladies des cellules du sang.

Ce sont des maladies graves de diagnostic et traitements hospitaliers.

Lymphomes : Mycosis fongoïde : placards érythémato-squameux qui s’infiltrent, nodules cutanés, atteinte des ganglions puis des viscères par des cellules dites de « Césary » (lymphocytes T anormaux.

Maladie de Hodgkin : prurit, ichtyose, éruptions diverses, infiltrats, ganglions. Diagnostic histologique : cellules dites de Strenberg.

Leucémies cutanées : prolifération de cellules hématopoiétiques malignes: maladie de Letterre-Siwe, Hand-Schüller-Christian, Granulome éosinophile. Diagnostic histologique.

Maladie de Kaposi : nodules vasculaires cutanés et des viscères : Afrique (Zaïre) et Immunodéprimés (SIDA).

 

Neurofibromatose (maladie de Von Recklinhausen) taches cutanées et tumeurs molles (neurofibromes cutanés et sous cutanés).

$ .Conseil génétique. Traitement symptomatique.

 

Sarcoïdose cutanée :petits, gros nodules et aspect de lupus pernio, associé ou non à une sarcoïdose pulmonaire ou viscérale.

$ .Maladie hospitalière.

 

Sclérodermie localisée : zone d’infiltration cutanée en goutte, en plaques, en bandes, pigmentée, monomélique, chercher des signes de la sclérodermie systémique.

$ .Traitement local par dermocorticoïdes, Puvathérapie locale, rééducation fonctionnelle

 

Sclérose tubéreuse de Bourneville : adénomes sébacés du nez apparaissant entre 2 et 6 ans, macules achromiques en feuille de sorbier, angiofibromes latéro unguales(orteils), placard peau de chagrin de la région lombaire, avec atteintes polyviscérales.

$ . Conseil génétique, traitement symptomatique, maladie hospitalière.

 

Tuberculose cutanée :dues aux mycobactéries tuberculeuses : chancre cutané de primo-inoculation, lupus, placards verruqueux, gommes(dermo-hypodermiques), miliaire cutanée : recherche de tuberculose ancienne ou évolutive, biopsies, réactions à la tuberculine.

$ .Traitement par antibiotiques spécifiques. Prévention par BCG.

 

Lèpre : La lèpre existe toujours et toucherait plus de 10 millions d’individus dans le monde. Elle est due au bacille de Hansen, Mycobacterium leprae, surtout en Asie, moyen Orient, Afrique et Amérique du sud. Trois stades : Macules érythémateuses ou hypochromiques, lésions infiltrées tuberculoïdes, nodules (visage), avec des troubles de la sensibilité, épaississement des nerfs (névrites), aboutissant à une atrophie, des maux perforants plantaires et une ostéolyse (mutilations), et des atteintes des viscères. Des épisodes aigus graves (réactions) peuvent survenir en fonction de l’état immunitaire avec fièvre, érythème noueux, douleurs intenses.

$ .Traitement préventif BCG ; Traitement curatif : polychimiothérapie spécifique.

 

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